top of page

Douleurs de bassin en fin de grossesse : les reconnaître et les soulager

6 oct.
7 min de lecture

Introduction


Marcher devient laborieux, se retourner dans le lit se transforme en épreuve, et chaque montée d'escalier réveille une douleur vive au niveau du pubis ou des fesses ? Vous n'êtes pas seule. Les douleurs de bassin en fin de grossesse font partie des plaintes les plus fréquentes du troisième trimestre : selon les recommandations européennes sur les douleurs pelviennes, environ une femme enceinte sur cinq souffre d'un syndrome douloureux de la ceinture pelvienne, et près d'une sur deux présente des douleurs lombo-pelviennes à un moment de sa grossesse.

Fréquentes ne veut pourtant pas dire normales ni inévitables. Dans cet article, nous vous aidons à identifier l'origine de vos douleurs, à reconnaître les signes qui imposent de consulter rapidement votre sage-femme ou votre médecin, et à découvrir les solutions pour vous soulager, dont l'ostéopathie.


Pourquoi le bassin fait-il mal en fin de grossesse ?


Le bassin est un anneau osseux composé de trois articulations : la symphyse pubienne à l'avant et les deux articulations sacro-iliaques à l'arrière. Pendant la grossesse, cet ensemble est soumis à des contraintes extrêmement fortes.

Les changements hormonaux

Sous l'effet des hormones de grossesse, dont la relaxine et les œstrogènes, les ligaments deviennent plus souples. Cette adaptation prépare le bassin à l'accouchement en lui permettant de gagner quelques millimètres d'ouverture. Mais une articulation plus mobile est aussi une articulation moins stable, que les muscles doivent compenser en permanence.

Les contraintes mécaniques

Au troisième trimestre, le poids du bébé, du placenta et du liquide amniotique déplace votre centre de gravité vers l'avant. Pour garder l'équilibre, la cambrure lombaire s'accentue, le bassin bascule et la démarche change. Les articulations sacro-iliaques et la symphyse pubienne encaissent alors des forces asymétriques à chaque pas. Ces changements sont physiologiques : il ne faut pas lutter contre.

La descente du bébé

Dans les dernières semaines, le bébé s'engage progressivement dans le bassin. Cette descente augmente la pression sur le plancher pelvien, la symphyse pubienne et parfois sur les nerfs de la région, ce qui peut expliquer l'apparition de nouvelles douleurs peu avant le terme.


Reconnaître les différentes douleurs de bassin

Toutes les douleurs de bassin ne se ressemblent pas. Savoir les distinguer aide à mieux les décrire à votre professionnel de santé.

La douleur de la symphyse pubienne

Elle se situe à l'avant, juste au-dessus du sexe, et peut irradier vers l'intérieur des cuisses. Elle est typiquement déclenchée par la marche, la montée d'escaliers, le fait d'enfiler un pantalon debout sur une jambe ou de s'écarter les jambes ou de pousser quelque chose (comme un caddie). Certaines femmes décrivent une sensation de « claquement » ou de craquement au pubis.

La douleur sacro-iliaque

Elle se ressent à l'arrière, au niveau d'une ou des deux fossettes situées en bas du dos, au-dessus des fesses. Elle s'aggrave souvent en position assise prolongée, en se levant d'une chaise ou en se retournant dans le lit.

La sciatalgie et la cruralgie

Lorsqu'un nerf est irrité, la douleur descend dans la fesse et l'arrière de la cuisse (sciatique) ou à l'avant de la cuisse (cruralgie). Elle peut s'accompagner de fourmillements. Pendant la grossesse, il s'agit le plus souvent d'une irritation liée aux tensions musculaires et articulaires plutôt que d'une hernie discale.

La douleur des ligaments ronds

Ces ligaments relient l'utérus à la région de l'aine. Leur étirement provoque des douleurs brèves, en coup de poignard, dans l'aine ou le bas-ventre, souvent lors d'un mouvement brusque, d'une toux ou d'un éternuement.

La lombalgie de grossesse

Plus haute que la douleur sacro-iliaque, elle touche le bas du dos et est surtout liée à l'accentuation de la cambrure et à la fatigue des muscles lombaires.


Les signes d'alerte : quand consulter en urgence ?

Avant toute prise en charge ostéopathique, il est essentiel d'écarter une cause médicale ou obstétricale. Contactez sans attendre votre maternité, votre sage-femme ou votre médecin si la douleur de bassin s'accompagne de l'un des signes suivants :

  • des contractions régulières et douloureuses, surtout avant 37 semaines d'aménorrhée ;

  • des saignements vaginaux ou une perte de liquide (possible rupture de la poche des eaux) ;

  • de la fièvre, des frissons, des brûlures en urinant ou une douleur intense d'un seul côté du dos, qui peuvent évoquer une infection urinaire ou une pyélonéphrite ;

  • une diminution ou une absence des mouvements du bébé ;

  • des maux de tête intenses, des troubles de la vue, un gonflement brutal du visage et des mains ou une douleur en barre au niveau de l'estomac, qui peuvent évoquer une prééclampsie ;

  • une douleur, une chaleur et un gonflement d'un mollet, signes possibles de phlébite ;

  • une douleur brutale, très intense ou qui ne cède à aucune position ;

  • une perte de force dans une jambe, une perte de sensibilité au niveau du périnée ou des troubles pour uriner ou aller à la selle ;

  • une impossibilité totale de marcher ou de porter du poids sur une jambe.

Ces situations relèvent d'une prise en charge médicale. L'ostéopathe n'intervient qu'une fois ces causes écartées, et en complément du suivi de grossesse.


Comment soulager les douleurs de bassin au quotidien ?

En l'absence de signes d'alerte, de simples ajustements du quotidien peuvent déjà faire une réelle différence.

Adapter ses mouvements

L'idée générale est d'éviter les mouvements asymétriques qui cisaillent le bassin. Pour vous retourner dans le lit, gardez les genoux serrés et tournez « en bloc ». Pour monter en voiture, asseyez-vous d'abord sur le siège, puis pivotez en ramenant les deux jambes ensemble. Montez les escaliers une marche à la fois, et habillez-vous assise plutôt qu'en équilibre sur un pied. Évitez aussi de porter des charges lourdes ou de porter un enfant sur la hanche.

Soigner ses positions de repos

Dormez sur le côté avec un coussin de grossesse ou un oreiller entre les genoux pour garder le bassin aligné. En position assise, privilégiez un siège ferme et changez régulièrement de position : rester trop longtemps immobile entretient la douleur.

Rester active en douceur

La marche à allure modérée, l'aquagym, la natation, le yoga prénatal ou les exercices sur ballon de grossesse aident à maintenir la mobilité et le tonus musculaire. L'eau, en particulier, soulage le bassin du poids du ventre. Écoutez toutefois votre corps : une activité qui réveille la douleur doit être adaptée. Vous pouvez par exemple découvrir les ateliers de préparation physiques du bassin Prepamam pour continuer à garder cette mobilité en douceur et sans douleur.

Utiliser une ceinture de soutien

Une ceinture pelvienne, portée bas sur le bassin, peut stabiliser les articulations et diminuer la douleur lors de la marche. Demandez conseil à votre sage-femme ou en pharmacie pour choisir le bon modèle.

Côté médicaments : prudence

Ne prenez aucun médicament sans avis médical. Les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène sont notamment contre-indiqués à partir du début du sixième mois de grossesse, car ils présentent des risques graves pour le bébé.


L'ostéopathie pour soulager les douleurs de bassin en fin de grossesse

Lorsque les douleurs persistent malgré ces conseils, ou qu'elles gênent votre sommeil et vos déplacements, consulter un ostéopathe formé à la prise en charge de la femme enceinte est une option pertinente. Vous pouvez consulter mon article sur le sujet : Consulter un ostéopathe pendant votre grossesse : sécurité, techniques, contre-indications.

Que fait l'ostéopathe ?

L'ostéopathe évalue la mobilité de votre bassin, de votre colonne lombaire, de vos hanches et de votre diaphragme pour comprendre comment votre corps s'est adapté à la grossesse. Il identifie les zones de tension ou de restriction qui peuvent expliquer vos douleurs : une articulation sacro-iliaque qui compense trop, un déséquilibre entre les deux côtés du bassin, des muscles fessiers ou lombaires en surcharge.

Il utilise ensuite des techniques douces et adaptées au stade de la grossesse : mobilisations articulaires, techniques musculaires et fasciales, travail sur le diaphragme et la respiration. Les séances se déroulent dans des positions confortables, le plus souvent sur le côté ou assise, sans compression du ventre. Les techniques sont exclusivement externes et respectent le cadre légal de la profession. Il est également possible de travailler au sol, avec un ballon.

Ce que disent les études

Plusieurs travaux se sont intéressés à l'ostéopathie pendant la grossesse. Une revue systématique publiée en 2017 dans le BMC Musculoskeletal Disorders (Franke et al.) a conclu que le traitement ostéopathique pouvait améliorer la douleur et la capacité fonctionnelle chez les femmes enceintes souffrant de douleurs lombo-pelviennes. Ces résultats sont encourageants, même si les chercheurs soulignent le besoin d'études complémentaires de grande ampleur. L'ostéopathie s'inscrit donc comme une approche complémentaire, au sein d'une prise en charge globale.

Quand consulter un ostéopathe pendant la grossesse ?

Il est possible de consulter à tout moment de la grossesse, dès que des douleurs apparaissent, sans attendre qu'elles s'installent. Une séance au cours des dernières semaines peut également aider à préparer le bassin à l'accouchement en travaillant sur sa mobilité. Pensez à informer votre sage-femme ou votre gynécologue de votre démarche : l'ostéopathie fonctionne au mieux en coordination avec votre suivi.

Comment se déroule une séance ?

La consultation commence par un échange approfondi sur votre grossesse, vos antécédents et vos douleurs. Cet entretien permet aussi à l'ostéopathe de vérifier l'absence de signes d'alerte et, le cas échéant, de vous réorienter vers un médecin. Suivent un examen clinique puis le traitement, dans une position adaptée à votre confort. Une séance dure généralement entre 45 minutes et une heure. Apportez votre carnet de suivi de grossesse et vos derniers comptes rendus d'échographie.


FAQ : douleurs de bassin et grossesse

Est-ce normal d'avoir mal au bassin en fin de grossesse ? C'est fréquent, en raison des modifications hormonales et mécaniques, mais ce n'est pas une fatalité. Des solutions existent pour diminuer la douleur et améliorer votre confort.

L'ostéopathie est-elle sans danger pendant la grossesse ? Pratiquée par un ostéopathe formé à la périnatalité, avec des techniques douces et adaptées, et après avoir écarté toute contre-indication médicale, l'ostéopathie est une approche bien tolérée.

Combien de séances sont nécessaires ? Une à deux séances suffisent souvent à apporter un soulagement. Le nombre dépend de l'intensité des douleurs et de l'avancée de la grossesse. Si vous souhaitez venir en prévention, prévoyez une séance par trimestre de grossesse.

Les douleurs de bassin disparaissent-elles après l'accouchement ? Dans la majorité des cas, elles diminuent nettement dans les semaines qui suivent la naissance. Si elles persistent, une consultation post-natale est recommandée.

Une douleur de bassin empêche-t-elle d'accoucher par voie basse ? Non, dans la grande majorité des cas. Parlez-en à votre équipe de maternité, qui pourra adapter les positions pendant le travail pour ménager votre bassin.


Conclusion

Les douleurs de bassin en fin de grossesse sont fréquentes, mais elles ne doivent pas vous gâcher les dernières semaines avant la rencontre avec votre bébé. Après avoir vérifié l'absence de signes d'alerte avec votre sage-femme ou votre médecin, adoptez les bons gestes au quotidien et n'hésitez pas à consulter un ostéopathe pour retrouver mobilité et confort.

Vous êtes enceinte et souffrez du bassin ? Le cabinet Paramédical Margaux Poincloux à Levallois-Perret vous accueille pour une prise en charge douce et adaptée à chaque étape de votre grossesse. Prenez rendez-vous en ligne.


Commentaires


bottom of page